dimanche 12 novembre 2006

Eyeing up the collaboration

Dans The Economist du 2 novembre, un exemple intéressant du type de raisonnement que permet la théorie de l'évolution à partir, ici, du blanc de l'œil. Le blanc de l'œil, le terme technique étant la sclère (sclera en anglais), est blanc chez les humains (bien sûr) mais plus foncée chez les grands singes.
L'expérience consistait à montrer qu'un bébé humain de 18 mois est plus à même de suivre le regard d'un adulte qu'un chimpanzé, un gorille ou un bonobo, tous adultes, ces espèces étant considérées comme les plus proches de l'intelligence humaine.
La conclusion qu'en tirent les chercheurs est que la coopération - par le fait de moins pouvoir cacher ce que l'on regarde - était supérieure, du point de vue évolutif, au chacun pour soi qui est aidé par le faible contraste entre la sclère et la pupille.
Rien de bien nouveau, on connais l'importance de la coopération (libre et volontaire) mais cela montre que ceci était déjà vrai pour des formes primitives de l'humain.
Il n'est pas fait mention de datation dans l'article (ce serait fort spéculatif), mais le fait que ce trait soit commun à tous les humains indique sans doute (je ne m'y connais pas vraiment) que ceci est arrivé tôt dans l'histoire de l'homme.
Accessoirement cela m'a permis d'apprendre un nouveau mot.

samedi 11 novembre 2006

Présentation de Judith Shklar

Récemment, en parcourant le rayon philo d'une grande librairie, j'ai aperçue une couverture d'un livre d'une collection que j'apprécie fortement : Le bien commun chez l'éditeur Michalon. Cette collection traite de philosophie du Droit (au sens large). Chaque livre peut être consacré à un spécialiste du Droit (Portalis, Beccaria), à la justice chez un auteur plus généraliste (Kant, Montaigne) ou à un thème vu là encore sous l'angle juridique (la Palabre, la Tragédie grecque). La deuxième catégorie étant la plus répandue pour l'instant. Le Droit étant souvent au coeur de la réflexion des auteurs libéraux, ceux-ci sont nombreux parmi personnages évoqués dans ces livres.

Le livre qui avais attiré mon attention était titré "Judith Shklar, le libéralisme des opprimés". La quatrième de couverture indique :
On ne vient pas à la théorie politique par hasard. Le choix de Judith Shklar est celui d'une génération qui eut très tôt le sentiment que "la politique dominait complètement nos vies". Et sa pensée politique est l'une des plus singulières des dernières décennies du XXe siècle.
Née dans une famille juive lituanienne d'expression allemande, exilée aux États-Unis à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, Judith Shklar (1928-1992) fut au coeur des grands tourments du siècle. Marquée par le désenchantement des années d'après-guerre, sa pensée politique s'inscrit dans la grande tradition sceptique inspirée de Montaigne. Se situant au confluent de l'Histoire et de l'éthique, prêtant une attention étroite aux dimensions psychiques du politique, elle débarrasse le libéralisme de son abstraction et de son penchant optimiste. Reconstruit selon le point de vue des victimes, son libéralisme offre un nouvel éclairage aux grandes questions du temps - la justice, la démocratie, la reconnaissance.

Paul Magnette est professeur de sciences politiques à l'Université libre de Bruxelles. Il enseigne également à l'Institut d'études politiques de Paris.


Je ne connaissais ni Judith Shklar ni l'auteur Paul Magnette mais le résumé m'a convaincu que le livre pouvait être intéressant bien que certains éléments permettant déjà de douter du libéralisme annoncé de Mme Shklar. La lecture du livre est assez déroutante car il est très difficile de classer cette philosophe (bien que je n'aime pas particulièrement les classifications).

Commençons par les points les plus surprenants : Dès l'introduction, on parle d'un "droit au travail" mais cela sera nuancé plus loin. Ensuite Shklar est décrite comme admiratrice de ... Rousseau et Hegel ! Quand on sait le peu d'estime qu'ont, sans doute à raison, la grande majorité des libéraux pour ces auteurs (surtout le second) il y a de quoi être étonné. L'opinion de Judith Shklar sur l'intervention politique est ambiguë : elle considère que l'Etat doit viser à réduire les différences sociales les plus fortes pour limiter les rapports de domination et en même temps reconnais les danger de l'Etat. Enfin elle reconnaît l'importance de la "citoyenneté", d'une lutte contre l'"exploitation".

Si vous n'avez pas encore abandonné la lecture, déçus de ne pas reconnaître ce que nous considérons comme le libéralisme, je vais essayer de vous présenter plus précisément la pensée de Shklar et en quoi, bien qu'hétérodoxe, elle est au moins proche du libéralisme. Les sous-titres utilisés ici sont ceux du livre.

I) Un serment d'incertitude
Ce premier chapitre présente les origines de Shklar : sa naissance à Riga à 1928 dans une famille juive lituanienne d'expression allemande puis l'exil de sa famille à Montréal. Sa connaissance de l'expérience des minorités et sa vie dans un pays non-libéral ont influencé sa pensée.

a) La fin des utopies
La constatation des catastrophes humaines du XXe siècle suffit à douter de la vision optimiste du progrès permanent, dit Shklar, c'est la fin des grandes utopie et avec elles celle de la pensée politique. Le seul rôle que conserve la philosophie politique est la clarification des choix ouvert à la politique au détriment de l'intervention directe dans le débat politique.

b) L'illusion positiviste
Shklar reproche aux tenants du droit positif leur prétention à l'objectivité. Elle veut montrer que le droit est une idéologie comme une autre et se base pour cela sur l'étude des procès politiques de Nuremberg et surtout de Tokyo.
Cela l'amène à considérer le pluralisme comme une "vertu politique cardinale" pour reprendre le termes de Paul Magnette.

c) Les apories du droit naturel
Judith Shklar analyse le retour du DN à cette époque comme la recherche d'un socle moral commun en cette période troublée et comme une évolution d'un eurocentrisme en manque de légitimité.
Là encore, elle s'oppose la prétention d'objectivité. Elle pointe le nombre et la variété des théorie du DN qui prétendent être l'unique. Deuxième argument, les partisans du DN le voient comme une donnée, une évidence tout en constatant son paradoxal non-respect.

II) La primauté de la peur
a) Les fausses certitudes du marché
Là encore, Shklar s'oppose à une théorie généralement admise par les libéraux. Elle refuse les théories politiques d'Hayek car ils se basent une épistémologie non-falsifiable. De plus, comme pour Leo Strauss, elle voit dans les théorie d'Hayek la volonté d'opposé une certitude face au politique.
Cette partie ne m'a pas convaincue. L'utilisation du terme "néolibéralisme" par Magnette n'arrangant pas les choses ...
Le libéralisme de Judith Shklar est presque exclusivement politique et ne préconise aucun modèle économique.

b) L'intuition morale du libéralisme
Ayant connues les horreurs du XXe siècle, Shklar ne crois plus au progrès moral et estime que libéralisme doit être plus réaliste et "se restreindre à la politique, et à des propositions qui visent à réduire les abus potentiels de pouvoir afin d'alléger le poids de la peur et des privilèges qui pèsent sur les épaules de tout adulte, lequel peut alors conduire sa vie en accord avec ses croyances et préférences, pour autant qu'il n'empêche pas les autres de faires de même."
Ceci est essentiel, elle se place du coté de la victime potentielle, la position la plus universelle de l'individu. Elle rejoint là Montaigne qui, comme d'autre humanistes du XVIe siècle, fit de la cruauté le premier des vices.

c) Les lois et les moeurs
Lectrice de Montesquieu, elle admet que le pouvoir politique bien encadré peut avoir un rôle positif : "le gouvernement représentatif est un équilibre subtil de confiance et de méfiance".
Elle défend la démocratie comme un système éprouvé contre le pouvoir personnel. Pour elle, le libéralisme "est lié à la démocratie par un mariage monogame, fidèle et permanent - mais c'est un mariage de raison".

III) La quête de l'inclusion
a) Les limites du libéralisme négatif
Judith Skhlar reproche à des libéraux tels qu'Isaiah Berlin et Michael Oakeshott leur conception de la liberté négative qui les pousse au conservatisme et leur fait refuser l'action publique qui pourrait empêcher certaines injustices.

b) Le sens de l'injustice
La philosophe voit l'injuste ou plutôt le sentiment d'injustice comme une construction sociale évoluant selon les sociétés même s'il existe un "noyau" universel défini par la peur.

c) Un socialisme des individus
Les inégalités sociales les plus fortes réintroduisent des rapports de domination, écrit Shklar. L'Etat devant l'éviter par un "égalitarisme négatif".
Plus surprenant encore, Mme Shklar pense que l'Etat doit avoir un rôle pour aider les chômeurs à retrouver du travail, là aussi au nom de la dignité. Précisons qu'elle se focalise sur l'individu travailleur et non sur une classe laborieuse d'où l'expression, peu heureuse, de "socialisme des individus".

IV) Les dilemmes de la reconnaissance
a) La dignité du citoyen
Shklar critique le "participationnisme" post-68 et les atteintes potentielles sur les libertés individuelles qui en découlent. Elle nuance ici son "libéralisme positif".

b) L'oppression communautaire
Même si elle semble tendre vers les idées des "communautariens" (tels que son ami Michael Walzer), elle refuse leurs idées et montre qu'à travers l'Histoire les communautés trop proches ont souvent été des sources d'oppression.

c) La démocratie du quotidien
Par cette expression, Shklar veux signifier les moyens d'une société pluraliste et inégalitaire, plus démocratique (dans le bon sens) que nos sociétés actuelles.

Difficile de conclure sur cette surprenante personnalité. Je suis loin d'être en accord avec Judith Shklar sur tout les points mais je pense que, oui, elle est libérale. Un libéralisme original mais centré sur l'individu et son autonomie, ce qui pour moi est nécessaire et suffisant pour la qualifier de libérale malgré l'importance qu'elle donne à l'Etat au delà des fonctions régaliennes..

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite aussi à lire l'article de Seyla Benhabib qui en a dressé un portrait dans Proceeding of the American Philosophical Society de décembre 2004 et le texte de cette conférence autobiographique donnée par Judith Nisse Shklar en 1989.

Note : le lien Amazon donné plus haut rapporte quelques sous au forum Liberaux.org (sans frais pour l'acheteur)

"Qu'est-ce qu'un libéral de gauche ?"

"Libéral de gauche" est sans doute l'appellation qui provoque le plus d'interrogation parmi les libéraux, parfois avec une certaine agressivité : "Sont ce vraiment des libéraux ou juste des socialistes attirés par un sous-ensemble du libéralisme ?"

La tentative de définition que je vais faire ne représente que ma propre perception. L'incompréhension de certains est assez justifiée : c'est la tendance dans laquelle on peut trouver le plus de disparités entre les définitions données pas ceux qui s'en réclament.

A vrai dire, bien que j'utilise ce terme, je ne l'apprécie pas vraiment et je l'accepte plus par défaut.
Il présente tout de même l'avantage de succiter l'interrogation (on l'a bien remarqué...). Pour certains, c'est un oxymore, pour d'autre un pléonasme. Je trouve non-pertinent la classification habituelle de "gauche" et de "droite" même si elle a peut-être eu une signification à une époque. Accoler "libéral" et "de gauche" permet déjà de casser l'association trop souvent faite entre "libéral" et "de droite" qui est bien sûr fausse (je ne développe pas).

Pour ce qui est de l'accusation plus ou moins marquée de socialisme, soyons clair : je rejette le socialisme pour immoralité et négation de la dignité humaine que ce soit le socialisme "historique" ou "moderne" (la vague doctrine du PS).

Pour moi, être libéral de gauche, c'est explorer les limites de libéralisme et rechercher ses points faibles en vue de le faire évoluer. C'est refuser la simplicité de l'homme souvent utilisée comme base par les libertariens tout en ayant plus d'audace que les libéraux dits "classique". Nous devons confronter la complexité de l'individu telle que l'on la constate tous les jours avec les idées libérales. Fort ou faible, solitaire ou grégaire, ambitieux ou plus conservateur, chaque individu doit pouvoir réaliser ses fins à conditions, bien sûr, de laisser cette même possibilité aux autres. Je refléchis pas mal en ce moment aux concepts de liberté positive et négative mais je doute un peu de la pertinence de cette dichotomie (malgré mon admiration pour Isaiah Berlin).

Cela peux amener à un libéralisme plus acceptable à court terme mais aussi, peut-être, à nous rapprocher des idées libertariennes tout en gardant un oeil sur la complexité humain.

C'est ouvert

Longtemps après le début de la mode, j'ouvre un blog. Je ne peux pas dire s'il sera très nourri ni s'il aura le moindre intérêt. Un des premiers buts est assez personnel puisqu'il s'agit pour moi trouver la motivation pour "finir" des textes commencés sur différents sujets. Le contenu varira selon mes envies et ne se limitera pas à la réflexion politique ; on devrais pouvoir y trouver aussi bien des textes illustrant l'état présent de ma réflexion sur un sujet donné, que des posts plus axés sur la technologie, une citation qui m'a plus, une réaction à l'actualité, ou ce que me dictera mon imagination.

Je suis bien conscient que mon orthographe est loin d'être parfaite aussi je demande à l'éventuel lecteur son indulgence même si, par respect pour lui, je ferais un effort. Plus embêtant, je suis plus habitué à rédiger des notes techniques que des textes "bien écrits" aussi je manque totalement de style. J'espère que mon écriture s'améliorera avec le temps, c'est sans doute un des buts pas tout à fait avoué de ce blog.

Il s'agit peut-être plus d'un "blog de libéral" comme le fabuleux Zonel que d'un blog libéral et mon "lecteur-modèle", pour reprendre le concept d'Umberto Eco, n'est pas forcement un libéral mais simplement un curieux. J'utilise beaucoup del.icio.us et ce blog me permettra donner plus de détails sur des sites qui me semblent valoir la peine d'être découvert quelque soit le sujet.

Enfin, je précise que, comme beaucoup d'autre blogs, les commentaires sont ouverts. N'hésitez pas à marquer votre désaccord, cela me permet de confronter ma façon de voir les choses à celle d'autres personnes et ainsi de l'enrichir. Les commentaires ne sont pas modérés mais je me réserve la possibilité de supprimer tout ce qui me semble ne pas avoir sa place ici sans même avoir à le justifier. Selon les périodes, j'ai plus ou moins facilement accès à Internet et je ne peux donc pas promettre des réponses rapides. En ce moment, je n'ai la possibilité d'aller sur Internet que le week-end.

Finissons, cette introduction par une remarque sur le titre de ce blog. Cela sera "Sekonda's blog" tant que je n'aurai pas eu de meilleurs idées.

mardi 28 août 2001

e & Fantasia chez les ploucs

Ce billet traite ensemble de deux romans que j'ai lus récemment et appréciés bien qu'ils ne semblent à première vue n'avoir que peu en commun. Fantasia chez les ploucs (The Diamond Bikini) de Charles William paru en 1956 (1957 pour la traduction française par Marcel Duhamel) se passe dans l'Amérique profonde à l'époque de la Prohibition (1920 à 1933 aux USA) alors que e, a novel de Matt Beaumont paru en 2000 raconte la première semaine de cette même année dans une agence de publicité londonienne.
Le principal point commun est l'originalité du procédé narratif fortement subjectif.
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Mon oncle Sagamore se lève et rentre dans la maison. Une minute après, il revient avec deux cruches de verre pleines d'un truc clair comme de l'eau. Il en pose une juste en dedans de la porte et tend l'autre à Pop, après quoi il se raccroupit. [...]
[Pop] boit un coup au cruchon et le rend à mon oncle Sagamore. Il s'étrangle un peu et les larmes lui montent aux yeux.
-- Ce bon vieux puits, il a pas changé, il dit.
Bien sûr, ils veulent me mettre dedans, mais ça ne prend pas : je sais bien que ce n'est pas de l'eau, mas je dis rien.
Fantasia chez les ploucs m'a été recommandé par mon ami Sagamore qui emprunte son pseudo à Sagamore Noonan, l'un de personnages principaux du livre. Sam Noonan, qui vit principalement d'arnaques sur les champs de courses va vivre avec son fils Billy dans la ferme de son frère Sagamore pour passer le creux d'activité des champs de course. Billy, 7 ans, ne connait pas encore son oncle Sagamore et a été éduqué par son père au grand damme des services sociaux. Il découvrira un personnage haut en couleur à la créativité débordante lorsqu'il s'agit de ridiculiser le shérif - élu pour débarrasser le comté de la présence de Sagamore - ou de gagner de l'argent par des moyens aux marges de la légalité (des deux cotés de la limite). Arrive ensuite une superbe jeune femme accompagnée de son médecin et habitué à se baigner avec son léger biniki en diamant qui a donné son titre original au livre et fait tourner quelques têtes dans le roman.
L'originalité du livre est que tout cela est raconté par le jeune Billy avec son regard d'enfant de 7 ans à l'éducation limitée mais observateur et débrouillard. Le style d'écriture est donc volontairement très dépouillé et parfois incorrect. Ce style est amusant et original avec des bonnes idées comme le chien volé nommé "Sig Fride" par Billy alors que son nom est sans doute "Siegfried" mais que l'enfant a seulement entendu - et ne connais pas Wagner. Les "-- D'accord, je dis." et les "malgré que" sont marrants mais font tout de même de même mal aux oreilles. A l'occasion, je regarderais ce que cela donnait en anglais.
L'autre point apporté par le mode de narration est la non-fiabilité de la vision du narrateur. Souvent Billy rapporte correctement les paroles des adultes mais les interprète de travers. Plus précisément les adultes - son père, son oncle, les policiers - ne veulent pas tout lui dire et se gardent bien d'être trop clairs. Le lecteur peut alors comparer sa propre compréhension de la situation avec celle de Billy. L'humour repose donc en grande parti sur cette naïveté du narrateur.
La narration et l'humour rendent le roman très agréable à lire.
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e commence fort le lundi 3 janvier 2000 par un mail du patron de l'agence Miller Shanks de Londres à son assistante :
David Crutton - 1/3/00, 8:13am
to: Fiona Craigie
cc:
re: your butt

Take that fucking Walkman off, get your arse in here and show me how I do an all-staff e-mail.
Tout le roman se présente ainsi exclusivement comme une suite d'e-mails., un roman épistolaire moderne.  Les personnages, la société et les lieux ne sont jamais présentés autrement qu'à travers les courriers électroniques que s'échangent la douzaine de protagonistes.
De même que pour Fantasia chez les Ploucs, cette contrainte narrative a des conséquences sur le style et la fiabilité des informations. Le style varie selon les auteurs des mails et leur humeur. Ce mode de narration fait qu'il n'est pas évident de se retrouver entre les personnages au début mais on s'y fait.
C'est très amusant à suivre avec son lot de trahisons, mensonges, &c. Le même évènement peut être décrit très différemment par différents témoins (volontairement ou non).
Un petit détail qui m'a déplu est que l'auteur a préfixé tout les sujets des mails par "re:" et pas uniquement les réponses. Cela m'a un peu perdu au début puisque je pensais avoir raté une page. C'est écrit en 2000 donc on peut admettre l'erreur...
Un autre point commun est que les deux romans ont chacun une ou plusieurs suites que n'ai pas encore lu mais que je lirai à l'occasion, respectivement Aux Urnes, les ploucs !, 1960 (Uncle Sagamore and His Girls, 1959) et The e Before Christmas, 2000, e Squared 2009. Ce dernier inclus aussi des extraits de blog, de messagerie instantanée, &c
Dans le cas de Fantasia, un film en a été tiré en 1971 avec Lino Ventura, Jean Yanne et Mireille Darc. N'aimant généralement pas les adaptations de roman, il est peu probable que je le regarde. Inutile de préciser qu'un film sur e est difficilement imaginable.