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samedi 15 mai 2010

101 Things I Learned in xxxx School

J'avais beaucoup aimé 101 Things I Learned in Architecture School de Matthew Frederick paru en 200 chez MIT Press et j'avais regretté qu'il n'y en ait pas d'autres du même genre.


Sur chaque double pages du livre au format italien on trouve un dessin ou un schéma à gauche et un petit texte très clair à droite.

Ce premier ouvrage a été vendu à 120 000 exemplaires -- ce qui n'est certes pas une preuve de qualité -- et traduit en 12 langues mais malheureusement pas (encore ?) en Français.

Mon vœu est quasiment exaucé puisque MIT Press a créé une collection avec quatre nouveaux titres :
  • Business School
  • Film School
  • Fashion Film
  • Culinary School
qui sortiront vers la fin de l'année. L'éditeur demande des idées pour d'autres titres.



Une joli présentation et un prix très raisonnable (les nouveaux ont un peu plus de pages 212 au lieu de 128 et sont un peu plus cher).

mardi 9 février 2010

Les veufs noirs

J'avais parlé de la série de nouvelles policières d'Isaac Asimov du Club des Veufs noirs au début de ce blog fin 2006. Plusieurs des recueils ne se trouvaient plus que d'occasion souvent à des prix assez élevé en français  comme en anglais (voir la Marketplace d'Amazon).

Les éditions Omnibus viennent de sortir une intégrale de la série en français pour 28€. Le volume fait tout de même 1100 pages. Pour des nouvelles, je trouve que plusieurs petits volumes est plus adapté car c'est le genre de texte que je lis plutôt en déplacement ou en vacances.





Le style d'Asimov est très simple à lire et on peut donc préférer la version originale. Je le recommande à ceux qui voudraient se mettre à la lecture de romans en anglais. Ceci dit, cette réédition est une bonne chose et j'espère qu'elle fera découvrir les Veufs noirs à un nouveau public en France.

Il y a une nouvelle dont je voudrais lire la traduction, Nothing like murder car elle contient plusieurs jeux de mots difficile à traduire dont un qui est la solution de l'énigme. Je n'en dit pas plus ...

Outre mes versions en anglais, je m'étais aussi acheté récemment "Le club des veufs noirs" daté de 2007 dans la collection Étonnants classiques chez Flammarion, content de voir une réédition en français pour juste 4€. Je ne connaissais pas cette collection. Elle vise visiblement les enfants et collégiens avec des éléments complémentaires pas trop mal fait. Ce qui m'a déplu est d'une part la présence de notes de bas de pages pour les mots censés être compliqués car le synonyme donné est souvent mal choisis mais surtout que le livre reprenne le titre du premier volume alors qu'il n'inclus que 4 nouvelles dont une du deuxième volume. Pire, la couverture indique "Texte intégral" mais les nouvelles sont amputées du petit mot d'Asimov ("Afterword") d'une page dans lequel il raconte la source de son idée et le contexte. Ces afterwords font pour moi une bonne partie du charme de la série. C'est sans doute mieux pour des très jeunes que bien d'autres livres mais le premier volume en poche neuf ou d'occasion le remplace avantageusement.

mercredi 4 novembre 2009

Prix Wikibéral 2009 : Philippe Nemo

L'association liberaux.org qui gère le forum du même nom mais aussi Wikibéral l'encyclopédie francophone de référence sur le libéralisme et les sites Catallaxia, Librairal et Contrepoints est le principal acteur du rassemblement des libéraux francophones sur internet et travaille à la diffusion des idées libérales.
Cette diffusion se fait par les sites mentionnés ci-dessus mais aussi depuis l'année dernière par les prix liberaux.org decernés à une personnalité et le prix Wikibéral qui met en avant un livre publié au cours de l'année écoulée. (Note : il s'agit du prix Wikibéral et non de prix Wikilibéral comme on le lit parfois)

Le prix Wikibéral 2009 a été decerné à Philippe Nemo pour Les deux Républiques française.

Philippe Nemo est bien connu des amateurs d'histoire des idées pour sa prodigieuse  Histoire des idées politiques en deux volumes et la coordination de l'Histoire du libéralisme en Europe. Il a beaucoup étudié le thème de l'éducation ainsi que les grands penseurs que sont Hayek, Levinas et le trop méconnu Polanyi. Notons aussi ses travaux philosophiques sur le livre de Job et la musique.

La thèse de son livre est que les deux visions de la République qui se sont développées pendant la Révolution française se poursuivent jusqu'à aujourd'hui. Il nomme ces deux tendances "1789" et "1793" en référence aux deux grandes époques de la Révolution (la libérale et la jacobine).

Notons que la séparation que la thèse de 1793 comme trahison de 1789 est majoritaire chez les libéraux mais ne fait pas l'unanimité. Certains considèrent que la Terreur était la seule suite possible et que la Révolution en portait les germes dès le départ.

Cet ouvrage qui montre l'impact durable des deux idées de la République me semble avoir sa place dans le débat sur l'identité nationale lancé par Eric Besson puisque le consensus est que l'idéal républicain est au cœur de cette identité mais que l'on ne considère généralement pas le contenu de cet idéal (de bonne foi ou non).


Comme pour les précédents prix, un recueil de textes écrit par les meilleurs plumes de l'association a été publié. Il est disponible gratuitement sous forme électronique ou en version papier.

Au sommaire :
  • Une présentation de l'association et de ses sites,
  • Des commentaires et critiques sur les ouvrages en compétition pour le prix :
    • Agnes Verdier-Molinie, La mondialisation va-t-elle nous tuer ?, J-C Lattes,
    • Ayn Rand, La vertu d’egoïsme, préface d’Alain Laurent, bibliotheque classique de la liberte, Les belles Lettres,
    • Gilles Campagnolo, Carl Menger, entre Aristote et Hayek : aux sources de l’economie moderne, CNRS editions,
    • Laurent Theis, François Guizot, Fayard
    • Sylvie Brunel, A qui profite le developpement durable ?, Larousse, A dire vrai,
    • Alain Laurent, La societe ouverte et ses nouveaux ennemis, Les Belles Lettres,
    • Daniel j. Mahoney, Alexandre Soljenitsyne, en finir avec l’ideologie, Fayard, coll. commentaire,
    • Serge Audier, Aux origines du néo-libéralisme : le colloque Lippmann, Le bord de l’eau,
    • Guy Sorman, L’economie ne ment pas, Fayard,
  • Autour de Nemo :
    • Entretien avec l’auteur
    • Biographie de l’auteur
    • La notion d’Occident
    • Michael Polanyi
    • La logique de la liberte, de Michael Polanyi
    • Les frontieres ultimes de l'Europe
  • Une synthèse commentée de l'ouvrage :
    • Introduction
    • Premier mythe : « 1793 » aurait été démocrate
    • Deuxieme mythe : « 1793 » aurait fonde la République
    • Troisieme mythe : « 1793 » aurait ete laïque
    • Quatrieme mythe : « 1793 » aurait ete dreyfusard
    • Cinquieme mythe : les adversaires de « 1793 » auraient ete Nazis
    • Sixieme mythe : il n’y aurait de republicains qu’a gauche
    • Conclusion : l’eglise de la gauche
  • Les mélanges à proprement parler :
    • Nemo replace l’acceptation de la démocratie libérale d’intelligibilité l’histoire de comme critère contemporaine,
    • La vision libérale des deux France,
    • Libéralisme n’est pas conservatisme,
    • République,
    • Restauration, monarchie de juillet et 1789,
    • La logique libérale de la Révolution française,
    • Le libéralisme français après la Révolution, compare au libéralisme anglais,
    • Penser la Révolution française, de François Furet,
    • Opportunisme,
    • Nazisme,
    • La mémoire tronquée,
    • Gaullisme et libéralisme,
    • La double oligarchie de la Ve République,
    • La Droite, ou la tentation de la trahison démocratie,
    • Qu’est ce qu’une école de liberté ?,
    • Laïcité,
    • École et éducation,
    • Chèque éducation,
    • Carte scolaire,
    • Collège unique,
    • Monopole universitaire,
    • Une trop longue erreur,
    • Syndicalisme,
    • Droit de grève. 
Quelques références sur Wikibéral :


Bonne lecture du livre primé et des Mélanges !

lundi 5 octobre 2009

Makers de Cory Doctorow


Makers, le dernier roman de Cory Doctorow va sortir le mois prochain mais est déjà disponible sous forme de sérialisation sur le site de son éditeur Tor. Il s'agit de la version complète de Themepunks qui avait déjà été partiellement diffusé.

Après le succès critique et commercial de Little Brother, Prometheus Award 2009, -- dont j'ai parlé ici -- Cory Doctorow sort un nouveau roman. J'avais adoré son premier roman, le très bon Down and Out in the Magic Kingdom (Dans la dèche au Royaume Enchanté) et le recueil d'articles Contents: Selected Essays on Technology, Creativity, Copyright, and the Future of the Future (en audio), dont je parlerai peut-être dans un autre billet et j'étais donc impatient de découvrir son nouveau livre.

J'attends encore de le recevoir mais j'ai commencé à lire les chapitres mis en ligne par Tor. Notons que la sérialisation est faite de façon à se terminer bien après la sortie papier du roman.

Venons-en au contenu. Je n'ai lu que les dix premiers chapitres et je vais en rester là en attendant de recevoir le livre (je ne dévoile rien ici qui dépasse le premier chapitre). Dans un futur proche, après une crise économique qui a ravagé Detroit et même la Silicon Valley, le nouveau PDG de Kodacell -- fusion des mourantes Kodak et de Duracell -- va essayer de relancer son entreprise avec un modèle innovant : la structure existante apporte un soutien à des petits groupes d'entrepreneurs décentralisés fortement incités à proposer de nouvelles idées -- si possible à fort rendement. Une journalisme, Suzanne Church (référence à Alonzo ?), qui a travaillé à Detroit puis dans la Valley va suivre le plus prometteur de ces groupes et devenir la chroniqueuse de cette nouvelle façon de travailler.

Comme toujours, Doctorow a cette façon bien à lui de proposer des idées sur les évolutions possibles de nos sociétés et notamment l'impact de la technologie dans un style facile à lire et n'hésitant pas à créer des néologismes.

Le livre est joliment dédié à "the risk-takers, the doers, the makers of things."

Bonus : un article de Reason à propos de l'éditeur Tor Books.

lundi 17 août 2009

Le web et les romans (2)

Dans un billet précédent, je parlais des apports d'Internet à la littérature en terme de documentation. Je suis tombé -- un peu en retard -- sur un nouvel exemple qui s'approche plus de la communauté de lecteurs (synchrone plutôt qu'asynchrone).

Le projet se nomme Infinite Summer, le but est réunir des internautes autour de la lecture du grand roman de feu David Foster Wallace au cours de l'été 2009 et d'accompagner leur lecture par des billets de personnes connaissant bien le texte publiés au rythme de lecture prévu. Rien n'empêche de réutiliser cela en décalé, j'y pense pour mon été 2011 ;).

Un projet similaire mais un peu plus ancien et plus classique est celui des Chumps of Choice qui ont lu et discuté d'Against the Day de Pynchon au moment de sa sortie. Je consulte actuellement les archives de ce blog en parallèle de ma lecture du roman. A tour de rôle, chaque participant fait un résumé et une analyse d'une section prédéterminée. Les autres réagissent et complètent dans les commentaires du billet. Une différence est que les "guides" découvraient ici le texte alors que ceux d'IS connaissent déjà très bien IJ. Certains s'efforçaient même de rédiger leur partie avant d'avancer dans le livre pour éviter les spoilers et les interprétations basées sur des éléments situés plus loin.

Pour l'aspect communautaire, notons aussi le développement de forum consacrés à un livre ou à un auteur, de groupes Facebook ou des sites comme LibraryThings

Dans un style plus asynchrone, construction d'une référence, il est impressionnant de constater l'évolution du wiki consacré à Inherent Vice, le dernier roman de Thomas Pynchon devenu une énorme source d'information dès les jours suivants la sortie du livre avec par exemple, une liste des chansons évoquées dans le roman et des liens vers les vidéos correspondantes sur YouTube.

samedi 13 juin 2009

Le web et les romans

On dit parfois que le web de développe au détriment des livres. C'est en partie vrai puisque le temps passé - voire perdu - sur Internet mange sur celui consacré à la lecture.

En même temps, le web est une opportunité de documentation des livres et de companion guides décentralisés par les articles de blog et les wikis tels que Pynchon Wiki et anathem.wikia.com. Cela apporte une dimension supplémentaire aux livres qui paraissent maintenant.

J'en ai eu une illustration aujourd'hui même : J'ai relu Stone Junction de Jim Dodge (chroniqué ici) et je voulais voir si d'autres lecteurs avait une interprétation plus précise que moi de la fin (assez déroutante). J'ai trouvé un certain nombre de billets  en français mais quasiment rien en anglais. L'explication est simple mais je n'avait pas perçu immédiatement. Le livre est sorti en français en 2008 et en anglais en 1990 - la préhistoire du web. Cela change tout. Ceci dit il est étrange et paradoxal de chercher des infos sur le web à propos d'un livre aussi délibérément analogique que Stone Junction.

dimanche 7 juin 2009

Quelques blogs

Voici quelques blogs que j'ai ajoutés récemment dans mon Netvibes :
  • Lisa Gold, mariée à l'écrivain Matt Ruff, elle a notament fait les recherches pour le Baroque Cycle de Neal Stephenson. Plein de bonnes choses sur les livres (contenants et contenus).
  • Matt Ruff justement (je commence Fool on the Hill).
  • Arvind Narayanan, chercheur travaillant sur la désanonymisation des données présentes en ligne - ce qui a un intérêt théorique et pédagogique -, et libertarien qui écrit parfois de très bon billets comme celui sur le futur du travail - qui correspond d'ailleurs à la vision que j'en ai aussi.
  • Gene Calahan : de l'économie, des maths et d'autres choses.
  • Adrian Horn, Mssv : divers sujets dont les jeux et les livres.
Et bien sûr, continuez à lire h16.

mercredi 4 mars 2009

The Wealth of Network

Il y a quelques mois, j'ai lu des extrais de The Wealth of Network de Yochai Benkler publié en 2006 (en picorant dans le PDF à partir de l'index) et cela m'a plu. Le texte est librement disponible sous licence Creative Commons by-nc-sa.

Contrairement à beaucoup de livres sur l'impact des réseaux qui se limitent à des banalités, celui de Benkler est très intéressant et plein d'exemple (bien sourcés et indéxés). On pourrait qualifier ses conclusions politiques de "libérale de gauche". Il considère par exemple que certaines formes d'auto-organisation (par exemple celles des Logiciels Libres) sont supérieures au marché (plus précisément à l'organisation commerciale). Un point intéressant est l'importance des "liens faibles" (weak ties) très présents dans les réseaux et qui permettent de collaborer efficacement de façon temporaire ou non.


Thierry Leterre a mis en ligne récemment une très bonne revue que je vous invite à lire (revue publiée dans Rue Descartes 2007).


Un détail qui donne une idée du livre est de choix de l'épigraphe :

"Human nature is not a machine to be built after a model, and set to do exactly the work prescribed for it, but a tree which requires to grow and develop itself on all sides, according to the tendency of the inward forces which make it a living thing.

Such are the differences among human beings in their sources of pleasure, their susceptibilities of pain, and the operation on them of different physical and moral agencies, that unless there is a corresponding diversity in their modes of life, they neither obtain their fair share of happiness, nor grow up to the mental, moral, and aesthetic stature of which their nature is capable."

John Stuart Mill, On Liberty (1859)

Le wiki du livre

jeudi 11 septembre 2008

Etat de choc

Petite présentation d'un livre que j'ai lu en Mai. Solution de facilité, je commence en reprenant le travail de l'éditeur :

Présentation de l'éditeur Comment un haut fonctionnaire a-t-il pu passer deux ans dans un pays ultralibéral et aimer cela ? Xavier de Lesquen, de retour de Nouvelle-Zélande, bouscule les préjugés sur un vieux débat français : la place de l'État, l'organisation des services publics et le rôle des fonctionnaires. Ce récit enlevé et captivant nous transporte à la fois dans le temps avec un retour aux origines monarchiques de nos fonctionnaires et dans l'espace avec la découverte des ambitieuses réformes faites en Nouvelle-Zélande. Ce livre illustre l'immobilisme français face à l'imagination et au dynamisme d'un pays qui a su adapter ses services publics aux réalités du XXIe siècle. La France saura-t-elle à son tour inventer cet " État de choc " dont elle a impérativement besoin pour affronter le monde de demain ?
Biographie de l'auteur Xavier de Lesquen est haut fonctionnaire diplômé de I'FNA. Il a dirigé les Défis français " 6e sens " et " Areva " en Nouvelle-Zélande puis l'équipe " China Team " lors des trois dernières éditions de la coupe de l'America. Il se passionne peur les débat d'idées et notamment pour la réforme du la fonction publique à laquelle il est très attaché. De son expérience, il livre une analyse à la fois réfléchie et impertinente sur la France, pays où la fonction publique est reine, et la Nouvelle-Zélande, " enfer libéral ", qui a su " dégraisser le mammouth "...

(lien Amazon sous l'image)

Le livre est divisé en chapitres courts. Certains sont consacrés à l'origine historique des problèmes de la place de l'État en France. Xavier de Lesquen y fait souvent référence à L'Ancien Régime et la Révolution de Tocqueville. Les autres chapitres utilisent des exemples vécus pour décrire et analyser des aspects des réformes néo-zélandaises (par exemple, l'école pour ses enfants ou la création d'une structure juridique pour l'équipe française à la Coupe de l'America).

Sur le fond, le livre est intéressant tant pour l'aspect concret de ses descriptions de la vie en Nouvelle-Zélande que pour les analyses de la situation française. Sur la forme, je trouve qu'il en fait parfois un peu trop dans sa caricature des Français rétifs au changement. L'équilibre entre les faits (chiffres, lois) et la description subjective est bon même si j'aurais préféré un peu plus de théorie sur certains sujets.

En conclusion, c'est un livre qui n'apprendra pas énormément au libéraux convaincus mais donne des exemples et des chiffres réutilisables et est un bon livre à faire lire à un "libéral en devenir".

(J'ai repris mon commentaire sur le fil de liberaux.org consacré au livre. Le temps m'ayant manqué cette semaine pour faire billet publiable mais j'essaye de garder un rythme.)

jeudi 4 septembre 2008

Stone Junction

Stone Junction a été écrit en 1990 mais n'a été publié en français que cette année par le Cherche Midi dans le collection Lot49 qui est spécialisée dans la littérature américaine contemporaine.
J'ai découvert ce livre par un intriguant billet de Garp sur le blog du Fric-Frac Club, un réseau de blogs littéraires passionnants dont font aussi partie, parmi d'autres, ceux de Claro, le codirecteur de la collection Lot49 et Fausto Majistral.
Jim Dodge est un romancier et poète américain ayant exercé bien d'autres métiers auparavant tels que bûcheron, enseignant et joueur de poker professionnel. Le roman est préfacé par Thomas Pynchon. je recommande de lire cette préface après le roman car elle donne trop d'informations à mon goût.



Stone Junction est avant tout un roman d'éducation. Le jeune Daniel Pearl, encore sous le choc du meurtre inexpliqué de sa mère est recueilli par une étrange association secrète, l'AMO pour laquelle sa mère et lui travaillaient déjà. Volta, l'un des responsables de l'AMO propose à Daniel de suivre une formation en étant confié successivement à différents professeurs de l'organisation. Les portraits de ces enseignants font une partie importante de l'intérêt du livre. Daniel apprendra notamment la méditation, le crochetage de serrure, la drogue, le poker, le déguisement et enfin l'invisibilité.

Daniel accepte de faire partie de l'AMO suite à la promesse de Volta d'utiliser les grandes ressources de l'organisation en terme de renseignement pour enquêter sur la mort de sa mère.

L'AMO est l'Association des Magiciens et Outlaws, une sorte de réseau de compétence incroyablement variée. Ce n'est absolument pas une société secrète à la Dan Brown utilisée pour bâtir un scénario sur une vague théorie du complot mais un ensemble d'individus décalés et en marge de la société d'une façon ou d'une autre et sans véritable but en soi. Le coté magique apparaît au fil du roman de façon discrète à la manière du magical realism.

La formation que Volta fait suivre à Daniel tend, à son insu, vers un objectif quasi impossible : voler un certaine objet au centre de toutes les attentions dans une base militaire. Avec le temps, il deviendra aussi l'objectif de Daniel or cet objet ne peut avoir qu'un possesseur.

Un des grands moments du livre est une partie de poker à laquelle participe Daniel et son professeur. Jim Dodge a été joueur de poker professionnel et on le ressent à le lecture de ce passage. Je conseille aux lecteurs de lire préalablement cette page de Wikipédia sur les variantes Low du poker et, s'ils ne le connaissent pas déjà, les règles du poker. Sans cela, les combinaisons décrites risquent d'être obscure et de gêner la compréhension de l'intrigue. En effet, les mains sont ici décrite par la plus haute ou les deux plus hautes cartes de la mains, sachant que le plus bas est le mieux (le but est de faire la combinaison la plus faible possible et donc d'éviter les paires et les cartes hautes).

Ce roman est très plaisant à lire. Il y a un certain mélange des genres avec notamment du thriller et un peu de fantastique. On retrouve les différentes occupations passées ou présentes de Jim Dodge telles que joueur professionnel de poker et auteur de livres sur le biorégionalisme. La nature et plus généralement le "basse technologie" tiennent un rôle important dans le livre. Pynchon dit d'ailleurs dans sa préface qu'il est possible que ce soit quasiment le seul cas de romans délibérément analogique. On est loin des piratages informatiques ridicules que l'on peut lire par ailleurs.

Bien sûr, malgré toute la sympathie que l'on peut éprouver pour les personnages de l'AMO, certains restent des voleurs, ce que je désapprouve contrairement à Dodge qui accepte le coté Robin des Bois.

La mise en page du livre est agréable mais il reste trop de coquilles. Je recommande néanmoins fortement ce livre qui peut plaire à mon avis à un public très large.

En VO :

Note : Jim Dodge est aussi l'auteur du roman Fup dont l'édition française est épuisée et ainsi que d'essais sur le biorégionalisme tels que Living By Life: Some Bioregional Theory and Practice (dont je ne connais pas l'intérêt).



mardi 28 août 2001

e & Fantasia chez les ploucs

Ce billet traite ensemble de deux romans que j'ai lus récemment et appréciés bien qu'ils ne semblent à première vue n'avoir que peu en commun. Fantasia chez les ploucs (The Diamond Bikini) de Charles William paru en 1956 (1957 pour la traduction française par Marcel Duhamel) se passe dans l'Amérique profonde à l'époque de la Prohibition (1920 à 1933 aux USA) alors que e, a novel de Matt Beaumont paru en 2000 raconte la première semaine de cette même année dans une agence de publicité londonienne.
Le principal point commun est l'originalité du procédé narratif fortement subjectif.
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Mon oncle Sagamore se lève et rentre dans la maison. Une minute après, il revient avec deux cruches de verre pleines d'un truc clair comme de l'eau. Il en pose une juste en dedans de la porte et tend l'autre à Pop, après quoi il se raccroupit. [...]
[Pop] boit un coup au cruchon et le rend à mon oncle Sagamore. Il s'étrangle un peu et les larmes lui montent aux yeux.
-- Ce bon vieux puits, il a pas changé, il dit.
Bien sûr, ils veulent me mettre dedans, mais ça ne prend pas : je sais bien que ce n'est pas de l'eau, mas je dis rien.
Fantasia chez les ploucs m'a été recommandé par mon ami Sagamore qui emprunte son pseudo à Sagamore Noonan, l'un de personnages principaux du livre. Sam Noonan, qui vit principalement d'arnaques sur les champs de courses va vivre avec son fils Billy dans la ferme de son frère Sagamore pour passer le creux d'activité des champs de course. Billy, 7 ans, ne connait pas encore son oncle Sagamore et a été éduqué par son père au grand damme des services sociaux. Il découvrira un personnage haut en couleur à la créativité débordante lorsqu'il s'agit de ridiculiser le shérif - élu pour débarrasser le comté de la présence de Sagamore - ou de gagner de l'argent par des moyens aux marges de la légalité (des deux cotés de la limite). Arrive ensuite une superbe jeune femme accompagnée de son médecin et habitué à se baigner avec son léger biniki en diamant qui a donné son titre original au livre et fait tourner quelques têtes dans le roman.
L'originalité du livre est que tout cela est raconté par le jeune Billy avec son regard d'enfant de 7 ans à l'éducation limitée mais observateur et débrouillard. Le style d'écriture est donc volontairement très dépouillé et parfois incorrect. Ce style est amusant et original avec des bonnes idées comme le chien volé nommé "Sig Fride" par Billy alors que son nom est sans doute "Siegfried" mais que l'enfant a seulement entendu - et ne connais pas Wagner. Les "-- D'accord, je dis." et les "malgré que" sont marrants mais font tout de même de même mal aux oreilles. A l'occasion, je regarderais ce que cela donnait en anglais.
L'autre point apporté par le mode de narration est la non-fiabilité de la vision du narrateur. Souvent Billy rapporte correctement les paroles des adultes mais les interprète de travers. Plus précisément les adultes - son père, son oncle, les policiers - ne veulent pas tout lui dire et se gardent bien d'être trop clairs. Le lecteur peut alors comparer sa propre compréhension de la situation avec celle de Billy. L'humour repose donc en grande parti sur cette naïveté du narrateur.
La narration et l'humour rendent le roman très agréable à lire.
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e commence fort le lundi 3 janvier 2000 par un mail du patron de l'agence Miller Shanks de Londres à son assistante :
David Crutton - 1/3/00, 8:13am
to: Fiona Craigie
cc:
re: your butt

Take that fucking Walkman off, get your arse in here and show me how I do an all-staff e-mail.
Tout le roman se présente ainsi exclusivement comme une suite d'e-mails., un roman épistolaire moderne.  Les personnages, la société et les lieux ne sont jamais présentés autrement qu'à travers les courriers électroniques que s'échangent la douzaine de protagonistes.
De même que pour Fantasia chez les Ploucs, cette contrainte narrative a des conséquences sur le style et la fiabilité des informations. Le style varie selon les auteurs des mails et leur humeur. Ce mode de narration fait qu'il n'est pas évident de se retrouver entre les personnages au début mais on s'y fait.
C'est très amusant à suivre avec son lot de trahisons, mensonges, &c. Le même évènement peut être décrit très différemment par différents témoins (volontairement ou non).
Un petit détail qui m'a déplu est que l'auteur a préfixé tout les sujets des mails par "re:" et pas uniquement les réponses. Cela m'a un peu perdu au début puisque je pensais avoir raté une page. C'est écrit en 2000 donc on peut admettre l'erreur...
Un autre point commun est que les deux romans ont chacun une ou plusieurs suites que n'ai pas encore lu mais que je lirai à l'occasion, respectivement Aux Urnes, les ploucs !, 1960 (Uncle Sagamore and His Girls, 1959) et The e Before Christmas, 2000, e Squared 2009. Ce dernier inclus aussi des extraits de blog, de messagerie instantanée, &c
Dans le cas de Fantasia, un film en a été tiré en 1971 avec Lino Ventura, Jean Yanne et Mireille Darc. N'aimant généralement pas les adaptations de roman, il est peu probable que je le regarde. Inutile de préciser qu'un film sur e est difficilement imaginable.

vendredi 23 juin 2000

Fool on the Hill



Le premier roman de Matt Ruff publié en 1988 - le seul non traduit en français - est un (d)étonnant mélange de magie, de chevalerie, de tragédie et d'humour ponctué de références littéraires.

New students, old students, vacationing professors, soon it would be time for them to come and bring Cornell out of hibernation, give it life for another year.
L'alma mater de Ruff, l'université Cornell -- située sur une colline, the Hill -- est le principal lieu de l'action avec ses statues des fondateurs (Ezra Cornell et Andrew D. White), ses bâtiments et ses traditions telles que la parade du Dragon vert.
It is in those animals most closely associated with humanity—cats and dogs in particular—that telepathy becomes a refined and useful tool.
There were well over a thousand sprites living on The Hill, anonymously helping the humans run things.

Au coté du monde des humains, apparaissent rapidement ces deux groupes de protagonistes étranges : d'une part les chiens et les chats qui communiquent entre eux par télépathie et d'autre part les sprites -- des sortes de lutins invisibles aux humains et issues de l'œuvre de Shakespeare.
Les interactions plus ou moins directes entre les humains, les animaux et les sprites se précisent au cours du roman.
“No need to fear, then,” Mr. Sunshine assures him. “You must understand, I’m no ordinary storyteller, no hack toying with cheap fabrications. I’m a Storyteller; I Write without paper, and all my fictions, Ezra, are true.”
Cet étrange personnage est présent dans un des multiples niveaux de réalité du roman et joue une rôle très particulier dans l'histoire et dans la structure du récit.

“I do appreciate fine literature. [...], I especially like dabbling with the classics: Chaucer, the Norse Sagas, the lives of the Saints, Shakespeare, Greek mythology of course—”.
Outre les auteurs et récits cités ci-dessus, on trouve de nombreuses références à Tolkien, et dans une moindre mesure Pynchon (L'agent de Matt Ruf est d'ailleurs une certaine Melanie Jackson ...), Fariña (un autre ancien de Cornell), Winnie l'ourson et même le Muppet Show (à travers le cuisinier suédois).
Chaucer, auteur/traducteur du Roman de la Rose est là pour la chevalerie et Shakespeare pour la tragédie.
La figure du dragon -- là encore, la chevalerie -- est omniprésente comme ennemi majeur, souvent assisté par les rats (Rats ou ρατ). Le lien entre le personnage de l'écrivain Stephen Titus George -- S.T. George -- et le sauroctone St. Georges est d'ailleurs explicité dès le début.
On trouve beaucoup de petites touches humoristiques (telles que “We’re waiting for a fellow by the name of Dogot,” Cashmere had said in greeting. “Have you seen him by any chance?” Thus began one of the most bizarre conversations Luther had ever been party to.)
Agréable à lire, superbement construit et très drôle, ce premier roman de Matt Ruff mérite vraiment d'être lu.
Sur son site, Ruff indique la musique qu'il a écouté pendant la rédaction de ses livres. Dans la liste de Fool on the Hill, j'ai eu le plaisir d'y retrouver certains de mes groupes préférés comme Rush et ELO. Par ailleurs, j'avais déjà fait référence à son blog et celui de sa femme précédemment.



Je prévois de lire bientôt bientôt ses autres livres mais après Contre-Jour.

vendredi 7 avril 2000

La guerre secrète

La guerre secrète (Bodyguard of Lies) raconte le rôle des services secrets et des "moyens spéciaux" durant la Seconde Guerre Mondiale. L'historien et journaliste Anthony Cave Brown est anglo-américain mais autant que j'ai pu en juger reste impartial. Le livre a été publié en 2 tomes en 1975 (1983 en français) à l'époque où le secret sur le sujet commençait à être moins strict.

Je connaissais déjà bien la partie concernant le cassage d'Enigma par - entre autres - Turing m'étant beaucoup intéressé à l'histoire de l'informatique. Une très bonne lecture sur le sujet d'Enigma et de l'hstoire de la cryptographie est Simon Singh. Dans un autre style, Cryptonomicon de Neal Stephenson est un de mes romans préférés. Notons néanmoins que des découvertes plus récentes apportent un éclairage différent (intelligent life).

Le cassage d'Enigma lui-même n'occupe qu'une place mineure dans le livre qui traite bien plus de l'utilisation militaire qui en a été faite via les messages Ultra. Les "Ultra" était les messages interceptés et décryptés par les britanniques et les américains qui étaient traités dans le plus grand secret avec comme objectif prioritaire de ne pas laisser les Allemands soupçonner que leur code était brisé. L'autre élément déterminant de cette guerre secrète est l'intoxication de l'ennemi notamment en gonflant les effectifs présent sur le sol britanniques (par la création de faux trafic radio, par exemple) et en rendant crédible différents points de débarquement pour éparpiller et fixer les troupes allemandes. Même après le jour J, Hitler croyait qu'un autre débarquement plus important aurait lieu dans le Pas-de-Calais. Cryptonomicon aborde aussi les couvertures d'Ultra et l'intoxication.

Comme tout "vrai" livre d'histoire, La guerre secrète est assez touffu et plein de détails. Certains passages sont un peu rébarbatifs mais dans l'ensemble cela se lit sans problème et est captivant.

L'impression dominante que j'ai eu à la lecture est que cette guerre a été une suite de situations dans lesquelles un petit détail aurait pu modifier sensiblement le cours de l'Histoire. De nombreux épisodes rocambolesques dont l'authenticité est avérée sont si peu vraisemblables qu'utilisés dans un scénario de fiction, ils seraient jugés ridicules. Par exemple, en mars 1943, durant l'Opération Flash un conspirateur demanda à un membre de l'entourage d'Hitler s'il voulait bien ramener dans l'avion un paquet de deux bouteilles de Cointreau pour un général vivant à Berlin. La forme carré de ces bouteilles rendait crédible le paquet qui contenait en fait de l'explosif. Malheureusement cela n'a pu fonctionné. L'avion a volé plus haut que prévu, il a fait froid dans la soute à bagage et l'acide qui devait ronger un cable et faire détonner la bombe a gelé ! Apprenant l'échec, le général a rapidement été récpéré ses "bouteille" et la tentative d'attentat est restée insoupçonnée.

On note aussi que les services secrets des deux camps inventaient au fil des événements un nouveau type de guerre à laquelle ils n'étaient pas préparés et qui provenait du progrès technique et de la part prise par les télécommunications.

Quelques pages amusantes et édifiante sur De Gaulle à Londres à qui personne ne fais confiance (à raison).

Même si l'utilisation des messages Ultra a été faite avec un incroyable brio, il faut s'interroger comme le fait l'auteur à la fin du livre sur l'impact négatif que cela a aussi eu. La Schwarze Kapelle et Rommel s'opposaient à la folie d'Hitler et voulaient sauver leur pays, néanmoins il n'avaient aucun pouvoir de négociation avec les Alliés car toutes les informations qu'ils auraient pu fournir en échange étaient déjà connues de ces derniers. De plus, il semble que les dirigeants alliés aient été aveuglés par la volonté d'abattre l'Allemagne plutôt que de se débarrasser d'Hitler, faire une paix séparée et avoir sur le continent une Allemagne forte et démocratique (éventuellement monarchique) capable de servir contre l'ennemi soviétique qui se profilait.

lundi 6 mars 2000

Little Brother

Little Brother est le dernier roman publié par Cory Doctorow. Le thème est la défense des libertés publiques en particulier dans le cas de la "guerre contre le terrorisme". Un sujet encore fortement d'actualité plusieurs années après les attentats dit "du 11 septembre".

Deux caractéristiques du roman le distinguent au sein de la bibliographie de Doctorow sont d'une part qu'il a cherché à être plaire à une audience plus jeune d'adolescents mais en restant lisible à tout âge et d'autre part qu'il contient un vraie formation pratique à la sécurité - au sens large.

Suite à un attentat à San Francisco, le Departement of Homeland Security prend le contrôle de la ville. Des jeunes lycéens et notament le héro Marcus, 17 ans, en sont victimes "colatérales" et refusent les contrôles du DHS. Suit une lutte entre le DHS et ces jeunes qui veulent montrer que les méthodes de l'Etat sont à la fois liberticides et inefficaces.

Contrairement à des romans comme Down and Out in the Magic Kingdom, les protagonistes évoluent dans un monde qui est le nôtre dans juste quelques années. Comme dans les romans cyberpunks, Doctorow n'hésite pas à citer des noms de compagnies et de marques et à situer précisément l'action dans des lieus existants.

Outre l'aspect littéraire, le roman vaut la peine d'être lu en temps que vulgarisation des notions de sécurité et respect de la vie privée. Cory Doctorow a notament travaillé pour l'EFF (Electronic Frontier Foundation) et publié des essais sur ces sujets et celui la "propriété" intellectuelle. Les méthodes utilisées par Marcus et ses amis sont décrites avec un rare talent de vulgarisation mais sans simplifcation outrancière. Je ne pense pas que les multiples références techniques et technologiques rebutent le lecteur béotien (mais je suis mauvais juge pour cela...). On trouve par exemple une très bonne explication des méthodes de chiffrage et de signature à clés publiques et des informations sur les risques de la généralisation des arphids (les puces RFID) couplées au data mining.

On trouve aussi des informations sur des sujets historiques tel que les politques des Yippies (mouvement politique hippies de Californie) et le procès mené par l'EFF pour faire lever l'interdiction d'une publication de cryptographie. L'hommage à la contre-culture américaine des années 60 est fait entre autre par de nombreuses références à On the Road de Kerouac.

Notons qu'un des produits inexistants utilisés dans le roman, le système d'exploitation axé sur la sécurité et l'anonymat ParanoidLinux a inspiré des développeurs qui l'on depuis réalisé.

Un point qui m'a déplu mais reste néanmoins assez réaliste est l'utilisation d'arguments typiquement américain (Constitution, Bill of Right) pour défendre la liberté des citoyens face au DHS. Cela reste logique puisqu'il s'agit d'une logique de lutte civique et que cela correspond bien à la vision courante dans la société américaine mais j'aurais aimé qu'il y ai aussi des références plus universalistes.

A la fin du livre, les experts en sécurité Bruce Schneier et Andrew "bunnie" Huang défendent l'application réelle des pratiques évoquées dans le roman et la recherche permanente des failles de sécurité ("Only bad security relies on secrecy; good security works even if all the details of it are public." comme le dit Schneier).

Enfin, Cory Doctorow a eu l'excellente idée d'ajouterà la dédicace du livre, des dédicaces (dedication) par chapitre à des librairies qui l'ont marquées. On y trouve à la fois des indépandant et des chaînes.

En résumé : je vous recommande fortement ce récis prenant qui fera réfléchir certains sur les libertés civiles et fournira aux autres de bonne techniques de vulgarisation et de l'energie pour lutter contre les abus de l'Etat.

Le livre est disponible gratuitement sous licence Creative Commons by-nc-sa et est en course pour le prestigieux prix des Nebula 2008.

Little Brother
L'EFF