lundi 17 août 2009

Le web et les romans (2)

Dans un billet précédent, je parlais des apports d'Internet à la littérature en terme de documentation. Je suis tombé -- un peu en retard -- sur un nouvel exemple qui s'approche plus de la communauté de lecteurs (synchrone plutôt qu'asynchrone).

Le projet se nomme Infinite Summer, le but est réunir des internautes autour de la lecture du grand roman de feu David Foster Wallace au cours de l'été 2009 et d'accompagner leur lecture par des billets de personnes connaissant bien le texte publiés au rythme de lecture prévu. Rien n'empêche de réutiliser cela en décalé, j'y pense pour mon été 2011 ;).

Un projet similaire mais un peu plus ancien et plus classique est celui des Chumps of Choice qui ont lu et discuté d'Against the Day de Pynchon au moment de sa sortie. Je consulte actuellement les archives de ce blog en parallèle de ma lecture du roman. A tour de rôle, chaque participant fait un résumé et une analyse d'une section prédéterminée. Les autres réagissent et complètent dans les commentaires du billet. Une différence est que les "guides" découvraient ici le texte alors que ceux d'IS connaissent déjà très bien IJ. Certains s'efforçaient même de rédiger leur partie avant d'avancer dans le livre pour éviter les spoilers et les interprétations basées sur des éléments situés plus loin.

Pour l'aspect communautaire, notons aussi le développement de forum consacrés à un livre ou à un auteur, de groupes Facebook ou des sites comme LibraryThings

Dans un style plus asynchrone, construction d'une référence, il est impressionnant de constater l'évolution du wiki consacré à Inherent Vice, le dernier roman de Thomas Pynchon devenu une énorme source d'information dès les jours suivants la sortie du livre avec par exemple, une liste des chansons évoquées dans le roman et des liens vers les vidéos correspondantes sur YouTube.

samedi 8 août 2009

Médias : fin d'un modèle ?

Le modèle du "tout gratuit" dans les médias sur Internet vit peut-être ses dernières années à cause de la popularisation des bloqueurs de pubs.

L'exemple du piratage par peer-to-peer nous a montré que certaines utilisations de l'informatique peuvent se propager très vite de l'expert à l'utilisateur de base si la pratique en question lui est utile et a été simplifiée suffisamment (quitte à être dans l'illégalité).

Par ailleurs, nous constatons qu'une base encore plus large d'utilisateurs profanes est prête à changer ses habitudes pour une fonctionnalité importante. Le correcteur orthographique semble être un des arguments les plus puissants pour faire passer au navigateur Firefox (bien qu'il soit sans doute possible d'en avoir un avec IE).

Une des extensions les plus populaires de Firefox est AdBlockPlus qui permet de ne pas afficher les publicités dans les pages Web. Son utilisation qui ne demande aucune compétence particulière est gratuite et légale. Pour l'aspect légal, on peut imaginer que les conditions d'utilisation du site du site l'interdisent mais l'efficacité pratique de ceci serait faible.

Bien que n'aimant pas la pub, je n'utilise pas cette extension car cela me gène moralement vis-à-vis de ceux qui l'utilisent pour rembourser leur frais d'hébergement ainsi et que je ne fréquente pas de sites où celle-ci est envahissante. D'ailleurs, le modèle de la pub sur Internet est moins malsain que pour la télévision puisque ce sont -- à ma connaissance -- des régies indépendantes qui gèrent la relation commerciale et que cela interfère donc moins sur le contenu.

Il est donc raisonnable de penser que cette pratique va se généraliser ou du moins atteindre à moyen terme un niveau tel que le modèle économique à base de contenu gratuit rentabilisé par la publicité volera en éclat (en plus de la crise économique qui limite les budgets publicitaires).

L'idée de cet article rapporté par Slashdot est que les médias payants traditionnels ont intérêt à favoriser la "protection" contre la pub et à redevenir payant (accès restreint) comme News Corp vient de l'annoncer.

Le but serait donc de précipiter le crash du modèle économique actuel qui arrivera de toutes façons et de revaloriser financièrement la qualité. La difficulté des journaux à vendre du contenu vient de la concurrence gratuite qui offre des articles de qualité souvent moins bonne mais à un prix, de fait, imbattable. Cette concurrence disparaitrait ou passerait au modèle payant.

On reviendra donc probablement à un modèle dans lequel on achète un abonnement ou un forfait à son journal/média préféré plutôt que d'aller sur celui le mieux classé dans Google News. Ce modèle bien que moins attrayant pour le lecteur à première vue est bien plus sain que l'actuel.

L'inconnue est l'impact du piratage. Aux acteurs en présence -- et à ceux qui vont émerger -- de trouver les bons prix et les idées de fidélisation.

Je note que j'ai du mal à choisir entre la conjugaison au futur de l'indicatif et le conditionnel mais ce mouvement est très probablement inévitable. Pour le pire et pour le meilleur.

dimanche 26 juillet 2009

Hadopi et la crédibilité des politiques

L'examen du projet de loi dit "Hadopi 2" est terminé. Même s'il passe après le vote en septembre, le CC et tout, l'efficacité sera très limitée. Le plus important dans cette histoire me semble être la perte de crédit de la majorité de nos représentants -- RPR mais pas seulement -- auprès des jeunes. Ce n'est pas l'impopularité de la mesure qui est en cause mais l'image d'incompétence totale dont ont fait preuve les députés à quelques exceptions près. L'extrapolation à un manque de sérieux et de compétences sur les autres dossiers semble logique (bien que n'étant pas forcement justifiée).

La faute des députés a été d'une part de refuser d'admettre leur manque de connaissance des dossiers et d'autre part de ne pas comprendre à quel point cela se voit.

Je n'aime pas la politique du pire mais si la crédibilité des politiques n'est plus acquise et doit être regagnée sur chaque dossier, c'est plutôt une bonne nouvelle.

mardi 14 juillet 2009

Français ? Oui, entre autres.

Mes critiques de la France actuelle font penser à certains que je renie totalement ce pays. C'est inexact. Comme toute personne élevée dans un seul pays par des parents venant de ce même pays, je suis profondément marqué par la culture française.

Seulement, la France n'est qu'un élément parmi beaucoup d'autres de mon identité. Pour un observateur extérieur qui voudrait comprendre mes réactions - actions et paroles -, il serait sans doute souvent plus pertinent de me considérer comme - dans le désordre - occidental, ingénieur, mâle, gros lecteur de science-fiction, internaute, iNTJ, individualiste et que sais-je encore.

Un corolaire est que ce n'est pas insulter ceux qui partagent ma nationalité que de critiquer l'état de la France (et son État). On peut même voir comme un devoir de protéger cette part de notre identité contre ceux qui ont fait de la France un pays dont la culture est dévastée, le rayonnement économique moyen et l'avenir entravé par la dette.

Bonne Fête nationale malgré les nombreuses réserves sur la date (voir mon post d'hier).

lundi 13 juillet 2009

Dans mon lit douillet

L'approche du 14 juillet me fait repenser à une intéressante revue de livre parue dans The Economist l'année dernière. L'auteur s'interroge entre autre sur la date choisie. A la place de cet anniversaire d'anniversaire de massacre, on aurait pu prendre le 26 août pour l'adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce qui aurait été un bien meilleur symbole.

http://www.economist.com/books/displaystory.cfm?story_id=11703060

Une bonne raison de plus de faire mienne l'opinion de Brassens pour ce jour férié. Suite demain, avec une opinion contradictoire.