Suite de ma série de scans venant d'anciens Science et Vie. L'article en lui-même est relativement intéressant techniquement mais ce qui m'y plaît le plus sont ses beaux schémas. C'est intéressant de voir présenter comme des nouveautés des systèmes devenu classiques (moteurs synchrones, moteurs asynchrones).
Teaser : le prochain billet de la série est sur un sujet plus fun.
mardi 23 mai 2000
vendredi 7 avril 2000
La guerre secrète
La guerre secrète (Bodyguard of Lies) raconte le rôle des services secrets et des "moyens spéciaux" durant la Seconde Guerre Mondiale. L'historien et journaliste Anthony Cave Brown est anglo-américain mais autant que j'ai pu en juger reste impartial. Le livre a été publié en 2 tomes en 1975 (1983 en français) à l'époque où le secret sur le sujet commençait à être moins strict.
Je connaissais déjà bien la partie concernant le cassage d'Enigma par - entre autres - Turing m'étant beaucoup intéressé à l'histoire de l'informatique. Une très bonne lecture sur le sujet d'Enigma et de l'hstoire de la cryptographie est Simon Singh. Dans un autre style, Cryptonomicon de Neal Stephenson est un de mes romans préférés. Notons néanmoins que des découvertes plus récentes apportent un éclairage différent (intelligent life).
Le cassage d'Enigma lui-même n'occupe qu'une place mineure dans le livre qui traite bien plus de l'utilisation militaire qui en a été faite via les messages Ultra. Les "Ultra" était les messages interceptés et décryptés par les britanniques et les américains qui étaient traités dans le plus grand secret avec comme objectif prioritaire de ne pas laisser les Allemands soupçonner que leur code était brisé. L'autre élément déterminant de cette guerre secrète est l'intoxication de l'ennemi notamment en gonflant les effectifs présent sur le sol britanniques (par la création de faux trafic radio, par exemple) et en rendant crédible différents points de débarquement pour éparpiller et fixer les troupes allemandes. Même après le jour J, Hitler croyait qu'un autre débarquement plus important aurait lieu dans le Pas-de-Calais. Cryptonomicon aborde aussi les couvertures d'Ultra et l'intoxication.
Comme tout "vrai" livre d'histoire, La guerre secrète est assez touffu et plein de détails. Certains passages sont un peu rébarbatifs mais dans l'ensemble cela se lit sans problème et est captivant.
L'impression dominante que j'ai eu à la lecture est que cette guerre a été une suite de situations dans lesquelles un petit détail aurait pu modifier sensiblement le cours de l'Histoire. De nombreux épisodes rocambolesques dont l'authenticité est avérée sont si peu vraisemblables qu'utilisés dans un scénario de fiction, ils seraient jugés ridicules. Par exemple, en mars 1943, durant l'Opération Flash un conspirateur demanda à un membre de l'entourage d'Hitler s'il voulait bien ramener dans l'avion un paquet de deux bouteilles de Cointreau pour un général vivant à Berlin. La forme carré de ces bouteilles rendait crédible le paquet qui contenait en fait de l'explosif. Malheureusement cela n'a pu fonctionné. L'avion a volé plus haut que prévu, il a fait froid dans la soute à bagage et l'acide qui devait ronger un cable et faire détonner la bombe a gelé ! Apprenant l'échec, le général a rapidement été récpéré ses "bouteille" et la tentative d'attentat est restée insoupçonnée.
On note aussi que les services secrets des deux camps inventaient au fil des événements un nouveau type de guerre à laquelle ils n'étaient pas préparés et qui provenait du progrès technique et de la part prise par les télécommunications.
Quelques pages amusantes et édifiante sur De Gaulle à Londres à qui personne ne fais confiance (à raison).
Même si l'utilisation des messages Ultra a été faite avec un incroyable brio, il faut s'interroger comme le fait l'auteur à la fin du livre sur l'impact négatif que cela a aussi eu. La Schwarze Kapelle et Rommel s'opposaient à la folie d'Hitler et voulaient sauver leur pays, néanmoins il n'avaient aucun pouvoir de négociation avec les Alliés car toutes les informations qu'ils auraient pu fournir en échange étaient déjà connues de ces derniers. De plus, il semble que les dirigeants alliés aient été aveuglés par la volonté d'abattre l'Allemagne plutôt que de se débarrasser d'Hitler, faire une paix séparée et avoir sur le continent une Allemagne forte et démocratique (éventuellement monarchique) capable de servir contre l'ennemi soviétique qui se profilait.
Je connaissais déjà bien la partie concernant le cassage d'Enigma par - entre autres - Turing m'étant beaucoup intéressé à l'histoire de l'informatique. Une très bonne lecture sur le sujet d'Enigma et de l'hstoire de la cryptographie est Simon Singh. Dans un autre style, Cryptonomicon de Neal Stephenson est un de mes romans préférés. Notons néanmoins que des découvertes plus récentes apportent un éclairage différent (intelligent life).
Le cassage d'Enigma lui-même n'occupe qu'une place mineure dans le livre qui traite bien plus de l'utilisation militaire qui en a été faite via les messages Ultra. Les "Ultra" était les messages interceptés et décryptés par les britanniques et les américains qui étaient traités dans le plus grand secret avec comme objectif prioritaire de ne pas laisser les Allemands soupçonner que leur code était brisé. L'autre élément déterminant de cette guerre secrète est l'intoxication de l'ennemi notamment en gonflant les effectifs présent sur le sol britanniques (par la création de faux trafic radio, par exemple) et en rendant crédible différents points de débarquement pour éparpiller et fixer les troupes allemandes. Même après le jour J, Hitler croyait qu'un autre débarquement plus important aurait lieu dans le Pas-de-Calais. Cryptonomicon aborde aussi les couvertures d'Ultra et l'intoxication.
Comme tout "vrai" livre d'histoire, La guerre secrète est assez touffu et plein de détails. Certains passages sont un peu rébarbatifs mais dans l'ensemble cela se lit sans problème et est captivant.
L'impression dominante que j'ai eu à la lecture est que cette guerre a été une suite de situations dans lesquelles un petit détail aurait pu modifier sensiblement le cours de l'Histoire. De nombreux épisodes rocambolesques dont l'authenticité est avérée sont si peu vraisemblables qu'utilisés dans un scénario de fiction, ils seraient jugés ridicules. Par exemple, en mars 1943, durant l'Opération Flash un conspirateur demanda à un membre de l'entourage d'Hitler s'il voulait bien ramener dans l'avion un paquet de deux bouteilles de Cointreau pour un général vivant à Berlin. La forme carré de ces bouteilles rendait crédible le paquet qui contenait en fait de l'explosif. Malheureusement cela n'a pu fonctionné. L'avion a volé plus haut que prévu, il a fait froid dans la soute à bagage et l'acide qui devait ronger un cable et faire détonner la bombe a gelé ! Apprenant l'échec, le général a rapidement été récpéré ses "bouteille" et la tentative d'attentat est restée insoupçonnée.
On note aussi que les services secrets des deux camps inventaient au fil des événements un nouveau type de guerre à laquelle ils n'étaient pas préparés et qui provenait du progrès technique et de la part prise par les télécommunications.
Quelques pages amusantes et édifiante sur De Gaulle à Londres à qui personne ne fais confiance (à raison).
Même si l'utilisation des messages Ultra a été faite avec un incroyable brio, il faut s'interroger comme le fait l'auteur à la fin du livre sur l'impact négatif que cela a aussi eu. La Schwarze Kapelle et Rommel s'opposaient à la folie d'Hitler et voulaient sauver leur pays, néanmoins il n'avaient aucun pouvoir de négociation avec les Alliés car toutes les informations qu'ils auraient pu fournir en échange étaient déjà connues de ces derniers. De plus, il semble que les dirigeants alliés aient été aveuglés par la volonté d'abattre l'Allemagne plutôt que de se débarrasser d'Hitler, faire une paix séparée et avoir sur le continent une Allemagne forte et démocratique (éventuellement monarchique) capable de servir contre l'ennemi soviétique qui se profilait.
lundi 6 mars 2000
Little Brother
Little Brother est le dernier roman publié par Cory Doctorow. Le thème est la défense des libertés publiques en particulier dans le cas de la "guerre contre le terrorisme". Un sujet encore fortement d'actualité plusieurs années après les attentats dit "du 11 septembre".
Deux caractéristiques du roman le distinguent au sein de la bibliographie de Doctorow sont d'une part qu'il a cherché à être plaire à une audience plus jeune d'adolescents mais en restant lisible à tout âge et d'autre part qu'il contient un vraie formation pratique à la sécurité - au sens large.
Suite à un attentat à San Francisco, le Departement of Homeland Security prend le contrôle de la ville. Des jeunes lycéens et notament le héro Marcus, 17 ans, en sont victimes "colatérales" et refusent les contrôles du DHS. Suit une lutte entre le DHS et ces jeunes qui veulent montrer que les méthodes de l'Etat sont à la fois liberticides et inefficaces.
Contrairement à des romans comme Down and Out in the Magic Kingdom, les protagonistes évoluent dans un monde qui est le nôtre dans juste quelques années. Comme dans les romans cyberpunks, Doctorow n'hésite pas à citer des noms de compagnies et de marques et à situer précisément l'action dans des lieus existants.
Outre l'aspect littéraire, le roman vaut la peine d'être lu en temps que vulgarisation des notions de sécurité et respect de la vie privée. Cory Doctorow a notament travaillé pour l'EFF (Electronic Frontier Foundation) et publié des essais sur ces sujets et celui la "propriété" intellectuelle. Les méthodes utilisées par Marcus et ses amis sont décrites avec un rare talent de vulgarisation mais sans simplifcation outrancière. Je ne pense pas que les multiples références techniques et technologiques rebutent le lecteur béotien (mais je suis mauvais juge pour cela...). On trouve par exemple une très bonne explication des méthodes de chiffrage et de signature à clés publiques et des informations sur les risques de la généralisation des arphids (les puces RFID) couplées au data mining.
On trouve aussi des informations sur des sujets historiques tel que les politques des Yippies (mouvement politique hippies de Californie) et le procès mené par l'EFF pour faire lever l'interdiction d'une publication de cryptographie. L'hommage à la contre-culture américaine des années 60 est fait entre autre par de nombreuses références à On the Road de Kerouac.
Notons qu'un des produits inexistants utilisés dans le roman, le système d'exploitation axé sur la sécurité et l'anonymat ParanoidLinux a inspiré des développeurs qui l'on depuis réalisé.
Un point qui m'a déplu mais reste néanmoins assez réaliste est l'utilisation d'arguments typiquement américain (Constitution, Bill of Right) pour défendre la liberté des citoyens face au DHS. Cela reste logique puisqu'il s'agit d'une logique de lutte civique et que cela correspond bien à la vision courante dans la société américaine mais j'aurais aimé qu'il y ai aussi des références plus universalistes.
A la fin du livre, les experts en sécurité Bruce Schneier et Andrew "bunnie" Huang défendent l'application réelle des pratiques évoquées dans le roman et la recherche permanente des failles de sécurité ("Only bad security relies on secrecy; good security works even if all the details of it are public." comme le dit Schneier).
Enfin, Cory Doctorow a eu l'excellente idée d'ajouterà la dédicace du livre, des dédicaces (dedication) par chapitre à des librairies qui l'ont marquées. On y trouve à la fois des indépandant et des chaînes.
En résumé : je vous recommande fortement ce récis prenant qui fera réfléchir certains sur les libertés civiles et fournira aux autres de bonne techniques de vulgarisation et de l'energie pour lutter contre les abus de l'Etat.
Le livre est disponible gratuitement sous licence Creative Commons by-nc-sa et est en course pour le prestigieux prix des Nebula 2008.
Little Brother
L'EFF
Deux caractéristiques du roman le distinguent au sein de la bibliographie de Doctorow sont d'une part qu'il a cherché à être plaire à une audience plus jeune d'adolescents mais en restant lisible à tout âge et d'autre part qu'il contient un vraie formation pratique à la sécurité - au sens large.
Suite à un attentat à San Francisco, le Departement of Homeland Security prend le contrôle de la ville. Des jeunes lycéens et notament le héro Marcus, 17 ans, en sont victimes "colatérales" et refusent les contrôles du DHS. Suit une lutte entre le DHS et ces jeunes qui veulent montrer que les méthodes de l'Etat sont à la fois liberticides et inefficaces.
Contrairement à des romans comme Down and Out in the Magic Kingdom, les protagonistes évoluent dans un monde qui est le nôtre dans juste quelques années. Comme dans les romans cyberpunks, Doctorow n'hésite pas à citer des noms de compagnies et de marques et à situer précisément l'action dans des lieus existants.
Outre l'aspect littéraire, le roman vaut la peine d'être lu en temps que vulgarisation des notions de sécurité et respect de la vie privée. Cory Doctorow a notament travaillé pour l'EFF (Electronic Frontier Foundation) et publié des essais sur ces sujets et celui la "propriété" intellectuelle. Les méthodes utilisées par Marcus et ses amis sont décrites avec un rare talent de vulgarisation mais sans simplifcation outrancière. Je ne pense pas que les multiples références techniques et technologiques rebutent le lecteur béotien (mais je suis mauvais juge pour cela...). On trouve par exemple une très bonne explication des méthodes de chiffrage et de signature à clés publiques et des informations sur les risques de la généralisation des arphids (les puces RFID) couplées au data mining.
On trouve aussi des informations sur des sujets historiques tel que les politques des Yippies (mouvement politique hippies de Californie) et le procès mené par l'EFF pour faire lever l'interdiction d'une publication de cryptographie. L'hommage à la contre-culture américaine des années 60 est fait entre autre par de nombreuses références à On the Road de Kerouac.
Notons qu'un des produits inexistants utilisés dans le roman, le système d'exploitation axé sur la sécurité et l'anonymat ParanoidLinux a inspiré des développeurs qui l'on depuis réalisé.
Un point qui m'a déplu mais reste néanmoins assez réaliste est l'utilisation d'arguments typiquement américain (Constitution, Bill of Right) pour défendre la liberté des citoyens face au DHS. Cela reste logique puisqu'il s'agit d'une logique de lutte civique et que cela correspond bien à la vision courante dans la société américaine mais j'aurais aimé qu'il y ai aussi des références plus universalistes.
A la fin du livre, les experts en sécurité Bruce Schneier et Andrew "bunnie" Huang défendent l'application réelle des pratiques évoquées dans le roman et la recherche permanente des failles de sécurité ("Only bad security relies on secrecy; good security works even if all the details of it are public." comme le dit Schneier).
Enfin, Cory Doctorow a eu l'excellente idée d'ajouterà la dédicace du livre, des dédicaces (dedication) par chapitre à des librairies qui l'ont marquées. On y trouve à la fois des indépandant et des chaînes.
En résumé : je vous recommande fortement ce récis prenant qui fera réfléchir certains sur les libertés civiles et fournira aux autres de bonne techniques de vulgarisation et de l'energie pour lutter contre les abus de l'Etat.
Le livre est disponible gratuitement sous licence Creative Commons by-nc-sa et est en course pour le prestigieux prix des Nebula 2008.
Little Brother
L'EFF
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