Mes critiques de la France actuelle font penser à certains que je renie totalement ce pays. C'est inexact. Comme toute personne élevée dans un seul pays par des parents venant de ce même pays, je suis profondément marqué par la culture française.
Seulement, la France n'est qu'un élément parmi beaucoup d'autres de mon identité. Pour un observateur extérieur qui voudrait comprendre mes réactions - actions et paroles -, il serait sans doute souvent plus pertinent de me considérer comme - dans le désordre - occidental, ingénieur, mâle, gros lecteur de science-fiction, internaute, iNTJ, individualiste et que sais-je encore.
Un corolaire est que ce n'est pas insulter ceux qui partagent ma nationalité que de critiquer l'état de la France (et son État). On peut même voir comme un devoir de protéger cette part de notre identité contre ceux qui ont fait de la France un pays dont la culture est dévastée, le rayonnement économique moyen et l'avenir entravé par la dette.
Bonne Fête nationale malgré les nombreuses réserves sur la date (voir mon post d'hier)
mardi 14 juillet 2009
lundi 13 juillet 2009
Dans mon lit douillet
L'approche du 14 juillet me fait repenser à une intéressante revue de livre parue dans The Economist l'année dernière. L'auteur s'interroge entre autre sur la date choisie. A la place de cet anniversaire d'anniversaire de massacre, on aurait pu prendre le 26 août pour l'adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce qui aurait été un bien meilleur symbole.
http://www.economist.com/books/displaystory.cfm?story_id=11703060
Une bonne raison de plus de faire mienne l'opinion de Brassens pour ce jour férié. Suite demain, avec une opinion contradictoire.
http://www.economist.com/books/displaystory.cfm?story_id=11703060
Une bonne raison de plus de faire mienne l'opinion de Brassens pour ce jour férié. Suite demain, avec une opinion contradictoire.
samedi 27 juin 2009
Le Netflix Prize gagné.
Le Netflix Prize est, avec le Ansari X Prize, le plus connu de ces concours ouverts qui représentent une alternative à la recherche traditionelle.
Dans le cas présent, la société Netflix, loueur de DVD en ligne, voulait améliorer leur algoritme de recommandation qui était parmi les meilleurs. Plutôt que de recruter une équipe d'experts ou de confier cela à un labo de recherche comme cela aurait été fait il y a encore quelques années, ils ont lancé ce concours ouvert à tous sur Internet et doté d'une récompense justifiant d'y consacrer de l'energie et de l'argent.
Ils ont donc proposé des règles avec notament un critère d'amélioration quantifiable, un objectif et un jeu de donnée pour faire les essais.
Il a été annoncé hier qu'une équipe, les "BellKor's Pragmatic Chaos" (d'ailleurs fusion de deux des meilleurs équipes) a affirmé proposer une amélioration supérieure à l'objectif de 10%.
Cette fusion est d'ailleurs intéressante. On voit que les deux équipes ont préférés collaborer et partager le gain que risquer de tout perdre.
Cela fait plaisir de voir un exemple de crowdsourcing qui fonctionne si bien. Netflix a son algo pour un prix raisonable dans délai meilleur que prévu -- la fin du concours était en 2011 -- et en bonus une belle pub. Les résultats sont publics donc ces progrès en informatique théorique profitent à tous. De plus, les équipes perdantes ont travaillé sur un projet intéressant avec des données réelles et ont sans doute gagnés en compétences.
mardi 23 juin 2009
Pour une relance durable.
Pour une fois, voici un billet d'actualité. Hier, le Chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, a fait un discours devant les députés, sénateurs, eurodéputés français et d'autres invités. Certains, malpolis sont parti juste après le discours alors que les autres bavardais encore à propos de ce qu'ils venaient d'entendre.
Si j'ai bien compris le résumé à la radio -- l'actualité politique me passionne peu --, M. Sarkozy, au lieu de présenter les priorités et les orientations choisis après mûre reflexion a expliqué qu'il n'en savait trop rien et allait y réfléchir avec tous ses amis avant de creuser un peu plus le déficit pour appliquer ces idées.
Une petite heure et des petits fours plus tard, 400 000 à 1 000 000 d'euros avait quittés les caisses de l'Etat -- ce qui n'est pas grave dans notre situation florissante...
Bref, des dépenses inutiles pour annoncer la recherche de mesures sans doutes inutiles avant des demander aux Français de l'argent qui, elle, leur aurait bien utile. Tout ceci m'ammène tout naturelement à parler de la pétition pour une relance durable signéee par une belle liste d'économistes et d'intellectuels.
L'idée principale est que pour une relance durable, il faut laisser les particuliers et les entreprises faire les choix qui leur semblent les plus judicieux pour utiliser l'argent qu'ils ont gagnés.
Bravo au Collectif pour une relance durable qui est à l'origine de cette initiative.
Fool on the Hill
Le premier roman de Matt Ruff publié en 1988 - le seul non traduit en français - est un (d)étonnant mélange de magie, de chevalerie, de tragédie et d'humour ponctué de références littéraires.
vendredi 19 juin 2009
Fusée & cocaïne
Billet récapitulatif des scans de Science et Vie :
- Se passer de charbons avec le solaire (1914)
- Les moteurs électriques (1923)
- La préparation de la cocaïne (1923)
- La fusée New York - San Francisco (1955)
- Une base lunaire (1959)
mercredi 17 juin 2009
"Bébé à bord"
Auparavant, je trouvais les gens arborant un autocollant "Bébé à bord" à l'arrière de leur voiture simplement ridicule.
Ma position a changé. Ces personnes demandent que l'on fasse plus attention à leur véhicule qu'aux autres. Il y aurait donc -- dans leur esprit -- un niveau de vigilance normal et un niveau renforcé pour les voitures abritant un jeune enfant. On peut donc en déduire qu'au lieu de considérer toute vie comme sacrée et donc digne de la plus grande prudence, ils ont donc une conduite "normale" la plupart du temps mais une vigilance renforcée lorsqu'ils croisent un bébé. Conclusion : méfiez-vous de ceux qui portent ce type d'autocollant.
Remarque : je n'ai pas fais de statistique rigoureuses sur la dangerosité de ces gens pour étayer ceci mais on peut noter que les conducteurs qui ont un bébé dans leur véhicule, ont à leur bord une source de perturbation et donc de danger majeure.
Je propose donc de mettre des messages "Humain à bord" ou "Vie à bord" derrière nos véhicules pour nous revaloriser.
samedi 13 juin 2009
Le web et les romans
On dit parfois que le web de développe au détriment des livres. C'est en partie vrai puisque le temps passé - voire perdu - sur Internet mange sur celui consacré à la lecture.
En même temps, le web est une opportunité de documentation des livres et de companion guides décentralisés par les articles de blog et les wikis tels que Pynchon Wiki et anathem.wikia.com. Cela apporte une dimension supplémentaire aux livres qui paraissent maintenant.
J'en ai eu une illustration aujourd'hui même : J'ai relu Stone Junction de Jim Dodge (chroniqué ici) et je voulais voir si d'autres lecteurs avait une interprétation plus précise que moi de la fin (assez déroutante). J'ai trouvé un certain nombre de billets en français mais quasiment rien en anglais. L'explication est simple mais je n'avait pas perçu immédiatement. Le livre est sorti en français en 2008 et en anglais en 1990 - la préhistoire du web. Cela change tout. Ceci dit il est étrange et paradoxal de chercher des infos sur le web à propos d'un livre aussi délibérément analogique que Stone Junction.
En même temps, le web est une opportunité de documentation des livres et de companion guides décentralisés par les articles de blog et les wikis tels que Pynchon Wiki et anathem.wikia.com. Cela apporte une dimension supplémentaire aux livres qui paraissent maintenant.
J'en ai eu une illustration aujourd'hui même : J'ai relu Stone Junction de Jim Dodge (chroniqué ici) et je voulais voir si d'autres lecteurs avait une interprétation plus précise que moi de la fin (assez déroutante). J'ai trouvé un certain nombre de billets en français mais quasiment rien en anglais. L'explication est simple mais je n'avait pas perçu immédiatement. Le livre est sorti en français en 2008 et en anglais en 1990 - la préhistoire du web. Cela change tout. Ceci dit il est étrange et paradoxal de chercher des infos sur le web à propos d'un livre aussi délibérément analogique que Stone Junction.
dimanche 7 juin 2009
Quelques blogs
Voici quelques blogs que j'ai ajoutés récemment dans mon Netvibes :
- Lisa Gold, mariée à l'écrivain Matt Ruff, elle a notament fait les recherches pour le Baroque Cycle de Neal Stephenson. Plein de bonnes choses sur les livres (contenants et contenus).
- Matt Ruff justement (je commence Fool on the Hill).
- Arvind Narayanan, chercheur travaillant sur la désanonymisation des données présentes en ligne - ce qui a un intérêt théorique et pédagogique -, et libertarien qui écrit parfois de très bon billets comme celui sur le futur du travail - qui correspond d'ailleurs à la vision que j'en ai aussi.
- Gene Calahan : de l'économie, des maths et d'autres choses.
- Adrian Horn, Mssv : divers sujets dont les jeux et les livres.
vendredi 5 juin 2009
Xavier Méra sur les brevets.
J'ai lu et je recommande la présentation de Xavier Méra sur les brevets donné pour l'institut Turgot en mars 2009. Outre sa clarté, son allocution a l'avantage de bien traiter le sujet de la recherche pharmaceutique qui est souvent considéré comme l'exemple ultime en faveur des brevets.
Il s'appuie notament sur les travaux de James Bessen et Michael J. Meurer. Le point que me semble le pus intéressant est le chiffre selon lequel imiter un médicament reviendrait à 2/3 des coûts de recherche initiaux et non à une toute petite fraction comme on lit souvent.
Notons cette analogie sur l'argument classique selon lequel "les bénéfices associés au brevets pour les firmes pharmaceutiques dépassent largement les dépenses monétaires liées aux frais de justice."
"Cet argument est pour le moins curieux. Il consiste à considérer les profits d'une firme comme indicateur d'une contribution nécessairement positive au bien-être général. On doute que les auteurs seraient prêts à l'adopter si des gouvernements confiait le monopole de la vente... de frites par exemple, à McDonald's. De toute évidence, McDonald's en profiterait. S'ensuit-il que les consommateurs s'en trouveraient mieux servis?"
Au passage, on peut voir quelques belles illustrations d'invention brevetée mais restée sans avenir (à cause des brevets ou de leur propre inutilité ?)
mardi 2 juin 2009
S & V 1959 : La base lunaire
vendredi 29 mai 2009
S & V 1955 : La fusée New York - San Francisco
New York à 75 min de San Franciso ! C'est ce qui semblait réaliste à un horizon de 10 ans pour Science et Vie en 1955. Les allemands Dornberger et Ehricke qui ont travaillé sur les V1 et V2 ("les buts sont différents" ...).
lundi 25 mai 2009
S & V 1923 : La préparation de la cocaïne
En 1923, Science & Vie avait publié cet article concernant la préparation de la cocaïne (sujet d'actualité) et de son succédané, la stovaïne - que je ne connaissais pas.
En bonus, sur la première page, l'article précédent sur la façon de construire un recepteur de TSF - moins dangereux et plus utilie que la cocaïne.
samedi 23 mai 2009
Une semi-IA
Extrait d'une nouvelle de Poul Anderson publiée en 1977.
Ce passage n'est pas directement lié à l'intrigue de la nouvelle mais il m'a semblé intéressant en particulier pour l'idée de l'IA qui transmet les tâches trop complexes à un humain qui répond en code. Je ne sais pas dans quelle mesure cette idée est/sera réellement utilisée en pratique. Une version actuelle très basique est celle des hotlines qui rappellent à l'appelant les tests de bases à effectuer sur le matériel avant de ne passer un humain si cela est encore nécessaire.
Outre l'éventuelle anticipation, cette idée me plaît car au contraire de nombreuses histoire de SF, l'auteur ne se contente pas de penser à une technologie et de supposer qu'elle va fonctionner parfaitement. Ici, il se place à un niveau intermédiaire à la fois difficilement imaginable en 1977 et très réaliste par sa relative modestie.
[Le protagoniste, très pressé, prend dans un taxi]
Quand il arriva, je sautai dans la bulle et dis : - A Berkeley !
Il était inutile de dire au pilote de se presser. Je ne pouvais rien faire d'autre que de rester assis et enrager en silence. Savoir qu'il suivait les câbles plus vite et plus sûrement qu'aucun chauffeur humain était une piètre consolation. Un homme, au mois, j'aurais pu le rudoyer.
[...]
Quand le taxi s'engouffra dans la descente du tunnel de la baie, je pris l'annuaire de la ville sur la tablette près du téléphone et le feuilletai. l'adresse que je cherchais... voilà, ici.
- 2878, Buena Vista, dis-je au pilote.
[...]
C'était une rue ancienne, étroite et auguste. Il fallut ralentir, cependant que je grognas dans mon coin.
- 2878, Buena Vista. L'enregistrement répercutait ma voix.
Ma monnaie dégringola en tintant. Je la ramassai et remis une pièce.
- Continuez, dis-je. Vous me déposerez après le prochain tournant.
J'entendis un déclic. Le pilote avait mal compris. Il se déchargea de l'enregistrement sur un dispacher humain de l'autre coté de la Baie, reçut ses ordres codés et obéit.
Nous vivrons les temps d'avant le talion, Poul Anderson.
Ce passage n'est pas directement lié à l'intrigue de la nouvelle mais il m'a semblé intéressant en particulier pour l'idée de l'IA qui transmet les tâches trop complexes à un humain qui répond en code. Je ne sais pas dans quelle mesure cette idée est/sera réellement utilisée en pratique. Une version actuelle très basique est celle des hotlines qui rappellent à l'appelant les tests de bases à effectuer sur le matériel avant de ne passer un humain si cela est encore nécessaire.
Outre l'éventuelle anticipation, cette idée me plaît car au contraire de nombreuses histoire de SF, l'auteur ne se contente pas de penser à une technologie et de supposer qu'elle va fonctionner parfaitement. Ici, il se place à un niveau intermédiaire à la fois difficilement imaginable en 1977 et très réaliste par sa relative modestie.
S & V 1923 : "Les électromoteurs modernes ..."
Suite de ma série de scans venant d'anciens Science et Vie. L'article en lui-même est relativement intéressant techniquement mais ce qui m'y plaît le plus sont ses beaux schémas. C'est intéressant de voir présenter comme des nouveautés des systèmes devenu classiques (moteurs synchrones, moteurs asynchrones).
jeudi 30 avril 2009
S&V 1914 : En captant la lumière solaire, nous pourrions nous passer de charbon
Ce post est le premier d'une série d'au moins 5 consacrés à des scans d'articles trouvés dans des vieux Science & Vie datant de 1914 à 1954. Il s'agit de quelques exemplaires que j'ai trouvé dans une brocante pour un prix très faible il y a quelques années.
L'article s'intitule "En captant la lumière solaire, nous pourrions nous passer de charbon" et est écrit par André Crober. Il s'agit du numéro 14 de S&V datant de 1914, le plus ancien que j'ai (je publierai ces scans par ordre chronologique).
dimanche 19 avril 2009
Un long chemin
Il y a une tendance que j'ai remarquée chez de nombreuses personnes à ne pas reconnaitre l'importance du temps qu'ils ont mis pour arriver au stade de reflexion où ils sont. Leurs idées sont souvent le résultat de plusieurs années de maturation et de divers évènements, rencontres, lectures et autre mais ils voudraient convaincre instantanément de la justesse de leur position. Je comprend qu'il soit frustrant de voir les autres ne pas accepter ce qui semble à chacun être évident une fois bien assimilé mais il faut prendre conscience du temps que l'on a soit-même mis pour y arriver.
Les seuls solutions pour faire venir quelqu'un d'autre à ces idées est d'une part d'admettre que s'il y vient ce sera par son propre chemin à son rythme et d'autre part de se remémorer les étapes parcourues pour se mettre à niveau d'argumentation adapté.
Paradoxalement, on trouve encore cette attitude chez ceux qui ont longtemps défendu une certaine vision des choses avant d'évoluer et de reprocher à celui qui a gardé ces mêmes positions. Avant de mépriser ceux qui ne sont convaincus par ce qui nous semble actuelement la vérité, n'oublions pas que d'autres ont le même sentiment vis-à-vis de nous (et ce, sans sombrer dans le relativisme).
J'ai noté cette attitude notament sur les questions techniques dans mon milieu professionel ainsi dans les débats politiques.
Les seuls solutions pour faire venir quelqu'un d'autre à ces idées est d'une part d'admettre que s'il y vient ce sera par son propre chemin à son rythme et d'autre part de se remémorer les étapes parcourues pour se mettre à niveau d'argumentation adapté.
Paradoxalement, on trouve encore cette attitude chez ceux qui ont longtemps défendu une certaine vision des choses avant d'évoluer et de reprocher à celui qui a gardé ces mêmes positions. Avant de mépriser ceux qui ne sont convaincus par ce qui nous semble actuelement la vérité, n'oublions pas que d'autres ont le même sentiment vis-à-vis de nous (et ce, sans sombrer dans le relativisme).
J'ai noté cette attitude notament sur les questions techniques dans mon milieu professionel ainsi dans les débats politiques.
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